Vernissage de l'expo d'Andre Cadere à la Galerie Art : Concept, 16 rue Duchefdelaville, Paris 13, en entrée libre de 16h à 21h.
Extraits de lettres adressées par Cadere à Yvon Lambert, in Andre Cadere, Editions La Chambre, 1992 :
"Je suis étonné par le rapport entre une barre de bois rond et le langage. Mon travail est par définition visuel : il existe là où il est vu." (20 mai 1978)
"N’importe qui peut montrer - en la portant - une pièce de moi, ceci évidemment à condition d’en posséder une. Je considère que la structure du travail est suffisament solide pour supporter n’importe quelle situation. Je veux dire par là que si, par exemple, quelqu’un veut avaler en public une barre de bois rond, ou bien en exposer une dans quelque exécrable exposition, ceci est son affaire. Il se montre lui-même tel qu’il est, dans toute son imbécillité - ou bien dans toute son intelligence. Je trouve que mon travail pose un problème difficile à celui qui en possède un car, tout étant possible, quoi faire ? Un tableau est automatiquement accroché au mur, il y a un haut, un bas, un devant, un derrière, etc... Tout cela n’existe pas en ce qui concerne une barre de bois rond. Elle peut être accrochée au mur, mais n’importe quelle autre possiblité est équivalente à celle-ci." (21 juin 1978)
Communiqué :
"L’acte d’exposer est donc le parti pris de la galerie. Mais un autre enjeu apparaît lors de sa préparation : le lien qui unit l’oeuvre et sa "procédure d’acquisition" à l’acquéreur. La plupart des collectionneurs que nous avons sollicités ayant refusé de céder leur Cadere, nous sommes amenés à nous poser une question cruciale : est-ce que la société marchande serait finalement capable de les convaincre de vendre une oeuvre aussi rare, aussi personnelle ? En fait, quelle est la valeur actuelle d’un Cadere, peut-on l’évaluer dans le marché contemporain ? Ce que l’on peut dire est que, malgré sa radicalité, cette oeuvre met en jeu des notions esthétiques et humaines qui nourrissent encore la pensée contemporaine. Et c’est peut-être là que se situe sa valeur principale, celle qui fait son prix."
